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  • : Convoyage d'un catamaran de 44 pieds des Sables d'Olonne aux Seychelles. A bord, notre skipper vénéré (Alain) et ses mousses (Loren, Michel et Sébastien). Au programme, Gascogne, Gibraltar, Méditerranée, Suez, Mer Rouge, Golfe d'Aden et océan indien.
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Les Seychelles...

Lundi 25 décembre 2006

Accouchement très difficile de la « Mère » Rouge

 Lundi 18 décembre 2006  

Après avoir remplacé les ridoirs défectueux, de notre magnifique voilier Aline, nous sommes au quai des douaniers depuis 3 heures dans l’attente de nos passeports qui sont partis se faire tamponner à l’aéroport. L’atmosphère est lourde et pesante, il fait 30° et la température de l’eau est à 29°. Un nuage de mouches a envahi le carré du voilier et Michel a entrepris une démouche-tification radicale à coup d’aérosol. Un silence total règne à bord. Sur le quai, deux hommes en uniforme gardent notre voilier en faisant les cent pas, un autre se balance sur une chaise à l’ombre d’une aubette improvisée. Le vent chaud lève une poussière de latérite en tourbillonnant (il ne manque plus qu’un air d’harmonica). Loren se repose dans sa cabine, Michel s’impatiente et est passablement énervé par les mouches, moi je lis un polard dans le cockpit car je ne supporte pas l’odeur du vaporisateur tueur de mouches. Un fort claquement vient de briser le silence, suivi d’une voix grave proférant une injure : «  La Salo ….elle ne m’emmerdera plus celle la » C’est Michel qui vient d’écraser une mouche. Le silence retombe et les minutes s’égrainent sur l’horloge du carré en laissant retentir un petit clic clac clic clac…Puis soudain, des cris nous parviennent du bout du quai, c’est Ibrahim qui nous informe que nos passeports sont de retour. Il est accompagné de deux hommes vêtus d’un uniforme noir et bardés de décorations toutes plus imposantes les unes que les autres. Ce sont les douaniers qui sans préalable, s’embarquent à bord du voilier pour nous remettre les documents tant attendus et réaliser un contrôle visuel puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient venus. Je n’ai à peine le temps de ranger les passeports dans le tiroir supérieur gauche de la table à carte (celui que Michel a réparé avec amour) que mon équipage réduit à Loren et Michel puisque Seb a du nous quitter (rubrique précédente article 4) que je constate qu’ils sont déjà sur le pont équipés de leur gilet à gonflage automatique. Les moteurs tournent, Loren est à l’avant et Michel à l’arrière, chacun son amarre entre les mains et ils me regardent tous les deux avec un air d’impatience en m’informant qu’ils étaient prêts. Un simple coup d’œil et un petit sourire en coin a suffit pour qu’ils comprennent tous les deux et nous décollons du quai avec un grand soulagement. Les bras se lèvent pour les au-revoir puis nous nous engageons dans le chenal de Port Ghalib pour rejoindre la Mer Rouge. L’air chaud qui nous vient du nord, apporte avec lui un doux parfum d’épice et de sable chaud. Lors de cette escale, nous avons pu faire la connaissance de trois personnages très agréables et d’une grande gentillesse. Le premier est le Capitaine Shérif responsable du port qui s’est mis en quatre pour nous simplifier la vie. Le deuxième est Benoît, marin devant l’éternel, Corse par sa mère et Français par son père. Benoît a adopté un rythme de vie intéressant puisqu’il travaille six mois l’été comme responsable de plage en Corse du sud et le reste du temps, il navigue sur son voilier et pratique beaucoup de plongée sous marine. Benoît nous a aidé sans compter pour remettre de l’ordre dans l’informatique du bord. Pour ceux que ça intéresse, il propose une ou deux places sur son voilier à partir de février pour remonter de Mer Rouge vers la Grèce et la Turquie et ce jusqu’au mois de mai. Notre dernier compère est Julien, l’équipier de Benoît jeune homme bien à tout point de vue et qui plus est a un petit talent de société non négligeable : il est pâtissier ! faut vous dire qu’on en a bien profité. Après avoir travaillé chez le meilleur ouvrier de France pendant trois ans, il a décidé de voyager un peu avant de trouver une place sur un yacht de luxe. Si vous avez des adresses à lui communiquer faites les passer sur le blog. Aline a enfin retrouvé le large, Michel envoie la grand voile et nous prenons le cap vers un point central de la Mer Rouge pour éviter toute tentation aux éventuels pirates. Aline glisse à bonne vitesse avec sa grand voile arisée d’un ris et son foc entièrement déroulé. Le soleil qui tape encore très fort alors qu’il va bientôt se coucher 15h30 GMT, et pour notre premier grand bord en mer Rouge, les poissons volant nous offrent un ballai majestueux et  le soleil qui reflète sur leurs ailes laisse apparaître mille et une étoiles de couleur émeraude . La nuit tombe et nos quarts reprennent. Notre organisation est simple Alain 4 h Loren 3h (la nuit) Michel 4 h. Loren passe sa première heure avec moi, fait une heure seule puis sa dernière heure avec Michel. Dans la journée elle prend les mêmes Quarts que nous. En cas de visite inattendue de personnes que l’on ne souhaiterait pas voir à bord, Loren reste planquée dans sa cabine Iridium en main pour appeler du secours si besoin. En terme de sécurité, le port du gilet est obligatoire de nuit comme de jour, dès que l’on est seul éveillé et je peux vous dire que supporter un gilet torse nu par 30° à l’ombre c’est pas évident. D’ailleurs Michel qui ne souhaitait pas le porter tout le temps m’a signé une décharge que je pourrais présenter à sa famille en cas de problème. Nos deux premiers jours de navigation ont été supers, 25 à 30 nœuds de vent par le trois quart arrière, une mer très formée avec des vagues de plus de 4 mètres pour nous permettre de faire des pointes régulières à 10/12 nœuds même qu’on a dépassé les 16 nœuds (faut dire que je me suis fait peur). La mer Rouge c’est très spécial, c’est une mer cassée avec une houle qui vous vient du vent. Les vents passent de 15 nœuds à 30 nœuds d’une manière régulière, et parfois vous pénétrez dans des bancs de brume qui repartent comme ils sont venus. Une nuit, Michel vient me réveiller (alors que je dormais profondément) pour que je l’aide à rouler le foc. Je monte sur le pont et là c’était un spectacle grandiose, des vagues immenses venaient fouetter l’arrière du voilier faisant un bruit infernal, le vent soufflait par rafales à plus de 35 nœuds et on ne voyait pas à 10 mètres. Une espèce de brume épaisse dans une nuit sans lune, c’était très impressionnant. Le lendemain matin au petit jour, quelle ne fut pas notre stupéfaction de voir que notre voilier était recouvert de poussière rouge et grasse (c’est peut être là l’explication du nom de la Mer Rouge  ?). Notre voyage continue et comme nous en avait informé Benoît, à partir du 20eme, nous avons du remettre les moteurs en route car le vent nous avait quitté. Les journées sont très très chaudes, on ne supporte même plus nos vêtements et je m’arrose régulièrement avec une eau à 34° qui me rafraîchi tout juste.  L’équipage va bien, Lo a été très fatiguée le deuxième jour mais tout est rentré dans l’ordre avec une bonne cure de sommeil. Michel est identique à lui même mais depuis un moment il a laissé tomber le scotch et la ficelle, quand à moi je suis toujours aussi pointilleux sur l’ordre et la sécurité. A partir du 15ème, les choses se gâtent, un vent de face de 30 à 35 nds, des courants de 3,5 nds une mer forte et cassée. Nous avons enregistré une vitesse moyenne sur 24 h de 1,5 nds. Enfin un enfer que dis je une véritable scène de torture pour le voilier et l’équipage. Difficile de couper le cordon ombilical de la « « mère Rouge ». Après plusieurs jours de galère, Nous arrivons enfin à Djibouti ou nous avons été accueilli par Manuel Feufeu militaire Français très sympathique qui  nous a pris en main et aidé à faire toutes les démarches nécessaires pour notre entrée sur le territoire Djiboutien. La journée fut suivie de péripéties assez extravagantes dignes d’un western à tel point que nous avons du embarquer un gardien pour la nuit. Nous vous raconterons cela lors de la rubrique suivante. Nous vous souhaitons à tous et à toutes de très bonnes fêtes de fin d’année et à l’année prochaine.

 

 

 Le Skipper , dit l’Africain

Par Alain - Publié dans : destination-seychelles
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Carte du parcours

 

 

 

 

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