Un frisson glacial vient de me traverser le dos, la nuit est noire, pas une étoile, pas un repère, nos feux de route ne sont pas assez puissant pour même apercevoir la mer. Nous marchons à plus de 7 nœuds quand, d’un seul coup le voilier saute et se cabre d’un coup sec dans un fracas terrifiant. Quelques goûtes de sueurs perles sur mon front, le voilier s’est arrêté brusquement que s’est il passé ? Ce matin nous avons croisé un container que nous avons du éviter… pourvu qu’il ne s’agisse pas aussi d’un container ? le nez du bateau continue à monter et l’arrière s’enfonce dans l’eau puis après un court instant, le nez du voilier s’enfonce et son arrière se lève d’un coup et le voilier repart a pleine vitesse dans un surf infernal. Je ne vois rien, les yeux me piquent et le vent cingle mon visage. Un immense vertige s’empare de moi, est-ce le trou de l’infini qui nous aspire d’un seul coup ? Est ce un cauchemar ou tout simplement une immense trouille qui en quelques secondes s’est emparé de moi ? Aline reprend son cap, se stabilise et moi, je reprend mon souffle. Nous sommes parti déjà depuis un mois, nous avons navigué réellement que 22 jours, soit 528 heures, nous avons parcourus 3133 milles nautique, réalisé 380 heures de moteur et seulement 148 heures de voile et nous venons tous juste de poser pied à terre à port Saïd. Situé juste au début du canal de suez et à peu prés à mi parcours entre la Bretagne et les Seychelles. Pour ne pas changer lors de cette navigation, Éole ne nous a pas fait de cadeau, soit le vent qu’elle nous offrait était dans le nez, soit trop faible pour tenir notre vitesse moyenne. Mais peu importe, j’ai pu revivre l’ivresse du large, cette immensité qui vous attire à chaque degré de l’horizon, chaque vague est différente, le spectacle est magnifique car vierge de tout même pas une mouette ou un fou de bassan pour détourner notre regard, seulement de l’eau sur 360° L’air y est sain, Chaud dans la journée 26° et la nuit la température peut tomber jusqu’à 16°. L’atmosphère n’y est pas pesante bien au contraire, seul le claquement sec des vagues sur la coque peut détourner votre pensée ou votre réflexion. Il est vrai que ce spectacle est tout a fait propice aux réflexions personnelles du genre qui suis-je ou vais-je, je pense intensément à ceux que j’aime et qui partage ma vie au quotidien, mais aussi à tous ceux et celles qui m’ont permis de devenir ce que je suis, mes amis, les différentes rencontres qui en un instant ont changé le cours de votre vie, mais aussi je pense très fort à mes collaborateurs et ceux qui travaillent avec moi et qui par leur organisation m’ont permis d’accomplir ce voyage. Je sais que pour eux, ce n’est pas facile actuellement mais qu’ils s’en sortent bien. Le Président me tient informé des évènements importants et je suis rassuré pour Marc et Solange qui assure l’intérim de Sillage d’une manière remarquable. En dehors de tout ça, je lis avec beaucoup d’attention les commentaires du blog réalisés par Seb. Malheureusement, on ne peut pas vous répondre individuellement, mais votre soutien a été primordial lorsque nous avons eu nos problèmes techniques et toujours maintenant car c’est le seul lien entre l’équipage d’ALINE et les amis.
Pour nous la vie est comme je vous l’expliquais lors de mon dernier commentaire, est à l’image d’un chauffeur de transport en commun. Une seule chose nous sauve, c’est que nous n’avons pas de stop ni de feux tricolores. Mes équipiers sont tous très différents. Michel, 1,86 mètre 105 kg prêt à tout pour vous rendre service, une force de la nature, il me fait penser à un saint Bernard rassurez vous il n’a pas que des qualités, il aime bien contredire mes positions de skipper, mange beaucoup de friandises, et spécialiste de l’informatique il passe beaucoup de temps sur l’ordinateur. Je le croyais bon cuisinier en mer, mais ça n’a pas l’air d’être sa tasse de thé. On l’appelle Mac Giver car il a toujours un bout de ficelle ou du scotch dans sa poche pour suspendre un truc . Il a toujours une solution pour tout.
Sébastien, c’est le «singe » du bord toujours prêt à monter en tête de mat, a se jeter a l’eau avec son baudrier pour vérifier la coque (jouer avec les dauphins) Très bon régleur de voile, très très bon cuisinier, il a toujours le sourire et de plus c’est lui qui vous fait vivre notre aventure sur le blog, alors quoi de mieux que de l’avoir comme gendre. « . Vous l’aviez deviné, on l’appelle Seb.
Loren la fée du bord, toujours fidèle aux heures de quart, Loren assure son poste de veille avec beaucoup de sérieux. Elle ne nous saoule pas de parole, au début du voyage, elle pouvait ne pas parler pendant plus d’une journée, ce qui m’inquiétait énormément moi qui parle beaucoup. Depuis, elle nous a accepté et c’est amarinée et la discussion est plus facile. On dit que le silence est d’or et la parole d’argent, finalement l’argent me va très bien. Depuis deux jours, elle s’est aguiché de mon logiciel de montage de film et vous à préparé un film que vous pouvez voir sur le blog. On l’appelle LOLO
Et puis il y a le skipper, 1,81 mètre 83 kg, plutôt bel homme, le regard vif et la joie de vivre. A du mal à s’habituer au catamaran car ça ne gîte pas, ça claque. Aime faire la cuisine, excelle dans la réalisation du pain, aime la pêche, très chiant sur le rangement, aime bien manger et boire son petit apéro (y a pas de contrôle) aime vivre sur un voilier. C’est l’Africain. Il est très triste actuellement car sa charmante épouse Anne Marie qui devait le rejoindre aux Seychelles fin décembre ne viendra pas. Le retard que nous avons pris avec la casse, l’oblige à mettre 700 € de plus et ça, ce n’est pas possible.
Après ce bref aperçu, nous allons bientôt repartir pour Port Galib en mer rouge, ou malheureusement, Seb devra nous quitter compte tenu du retard que nous avons pris. Préparez bien vos fêtes de noël et de fin d’année, dans le froid de la Bretagne, on pense bien à vous.
Le Skipper dit l’Africain
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