DJIBOUTI,
UNE ESCALE PAS COMME LES AUTRES
Quatre coups fort sont frappés à la porte de ma cabine et me réveille en sursaut. La porte s’ouvre et Loren m’interpelle en me signalent que c’est mon quart. Nous sommes le 23 décembre 2006, il est 0H GMT la température extérieur est de plus de 26° un petit vent de 15 nds S.SE, la mer est belle et nous faisons cap vers le port de DJIBOUTI. La vitesse du voilier a volontairement été réduite à 5 nds pour nous permettre de faire une entrée de jour. Déjà j’aperçois le phare de l’île de Moucha et les lumières de la ville de Djibouti. 2H30 du matin nous somme à l’ouest de Moucha et je m’engage dans le chenal d’accès 3H15 je réveille Michel et Loren, 3H30 GMT 6H30 local, nous entrons dans le port de Djibouti. Ce port qui m’avait toujours fait rêvé par sont coté exotique est un peu décevant au premier coup d’œil. Nous tournons dans le port pour chercher a accoster, quand une vedette rapide avec à son bord trois personnes nous interpelle. Vous nous suivez, on va vous montrer l’endroit ou vous allez mouiller.(mettre l’ancre) l’accueil à plutôt l’air convivial tout en gardant une discipline très militaire.
Aussitôt notre voilier mouillé, le 1er maître Saïd monte à bord et nous souhaite la bienvenu à Djibouti. Saîd est un grand Djiboutien assez fort. Il est vétu d’un uniforme de l’armée Djiboutienne un peu petit pour sa taille mais surtout très sale. Nous préparons un petit café et écoutons sagement ses conseils. Vers 9H vous débarquerez à terre au poste 8 avec votre annexe. Le poste 8 est à l’extrémité de la grande jetée et c’est l’endroit de notre poste de garde. Nous surveillerons votre annexe pendant que vous irez faire les formalités chez Monsieur Aden, au bureau du port puis a la police de l’émigration. Attention, ici il y a beaucoup de voleurs car les gens sont pauvres, ils n’hésitent pas à venir a la nage pour voler dans votre voilier alors si vous sortez tous les trois, fermez bien votre voilier. « C’est vachement rassurant …. » Puis il nous demande si nous avons un téléphone pour appeler le lieutenant Feufeu qui s’occupe de la sécurité dans le golf d’Aden ce qui fut fait immédiatement. Nous prenons rendez vous avec lui pour 10H local Le 1er maître Said nous quitte en nous laissant un n°de téléphone pour l’appeler si nous avons des problèmes. A 10H Monsieur Feufeu militaire de l’armée Française embarque sur notre voilier, et nous explique le projet Alindien et tous les autres plans de sécurité pour le golf d’Aden et l’Océan indien. Il nous confirme tout ce que nous à dit le 1er maître Saïd et nous propose gentiment malgré qu’il soit de repos , de nous accompagner pour les formalités. Ce que j’accepte avec plaisir. Nous laissons Michel à bord et nous partons Loren et moi avec l’annexe au poste 8. Là le lieutenant Feufeu nous attend et nous partons vers les postes administratifs. Ce qui me fait bizarre, c’est que pour ce port qui a une renommée mondial, les services de l’administrations sont installé presque dans des baraquements. Nous finissons par rencontrer Monsieur Aden le responsable des boutres et des bateaux de plaisances. Il nous donne quelques recommandations et nous filons à l’émigration pour obtenir nos visas. Problème, il faut payer tout de suite et je n’ai plus de liquide. Loren avance 50€ en caution et nous continuons notre aventure avec notre protecteur. Nous sortons du port pour rejoindre la ville à la recherche d’une station de gasoil pour réapprovisionner le voilier. Personne n’accepte de se déplacer à moins de 2000 litres. Il nous faudra trouver une personne sur le port qui veuille bien s’en occuper. nous continuons vers la ville a la recherche d’une banque. Tout est fermé Loren m’avance encore quelques € et nous faisons du change. Nous quittons notre ange gardien et repartons vers le port. Mon objectif est de repartir dès demain matin après avoir fait les pleins d’eau de gasoil et de légume frais.
De retour au port, nous terminons nos démarches auprès du service d ‘émigration ou nous souhaitons récupérer notre caution de 50€ et les payer en FG rien à faire tout va bien le compte est bon ? je fait un calcul rapide, il nous doivent 10€. Après plusieurs discutions un peu tendues je lâche l’affaire, devant un fonctionnaire t’a rien à dire et tu te casses. Nous poursuivons notre chemin vers le poste N° 8 pour retrouver notre annexe et rejoindre notre voilier quand nous sommes interpellé par un individu au prénom d’Hamed ……… Il nous propose ses services, nous présente des lettres de recommandation « je te fais le tout pour 50 €, Gasoil eau et vivre. Tu payes les produits je m’occupe du reste. Je l’informe que nous avons déjà un contact conseillé par Saïd et que nous avons rendez vous avec ce contact et Saïd à 18 heures. Si toute fois l’affaire ne se faisais pas avec notre premier contact, nous lui téléphonerions. On retrouve enfin notre voilier. Michel nous a préparé un petit repas avec amour « qui n’avait pas pu rester » Il est 14h30 nous déjeunons rapidement, pas le temps de faire une sieste et nous repartons avec Loren et Michel vers la ville ou on nous à signalé une banque qui ouvrait à 16 h c’est notre seul chance d’avoir du liquide si nous voulons tout régler aujourd’hui. C’est ok on a l’argent, on téléphone à nos famille, la note est très salée puis nous rejoignons le port. Il est 18 h 15 nous sommes au lieu de rendez vous fixé par Saïd mais personne sauf notre deuxième contact Hamed. Il insiste et je lui répond que si Saïd n’est pas là à 19 h avec son contact, nous prendrons ses services. Il m’affirme avoir toutes les autorisations des services portuaires et de Monsieur Aden, la seule personne à autoriser les mouvements dans le port. 19 h toujours pas de Saïd, je l’appelle et il m’informe que ce ne sera pas possible ce soir. Je donne mon accord à Hamed sans contrôler sur le canal 13, la véracité de ses dires sur les autorisations portuaires. Je lui fait confiance. Nous levons l’ancre vers 19h 30 pour nous rendre à quai ou nous attend Hamed avec un 4x4 chargé de bidons de 200 litres. Hamed est nerveux et souhaite que l’un d’entre nous parte tout de suite avec lui pour aller acheter le gasoil en ville. Michel est désigné d’office ( c’est normal, c’est le plus fort) pendant ce temps, nous rangeons le voilier avec Loren et faisons le plein d’eau plus une grande toilette des extérieur qui sont couvert de sel. Un jeune militaire est là, et je lui demande si il veut bien rester pour surveiller le voilier avec nous, chose qu’il accepte immédiatement. C’est le jeune Ali, il nous servira d’interprète un peu plus tard. Nous avons plusieurs visites de personnes s’identifiant comme des responsables du port nous demandant si tout était ok. Un autre homme arrive vers le voilier et embarque sans demander l’autorisation, je suis Haiche responsable des mouvements des navires dans le port , c’est moi que vous avez eu à la VHF ce matin. Est ce que tout va bien, vous n’avez pas de problème. Votre place à quai est bien choisi, et vous y resterez toute la nuit, c’est plus sur qu’au mouillage. Le gasoil arrive enfin et notre Hamed est de plus en plus nerveux, il m’appelle sur le quai et me demande de payer le chauffeur 30€ a cela je lui répond que j’ai pris une prestation tout compris pour 50€ le ton monte et la discutions s’éternise. Il devient de plus en plus nerveux alors je le fait descendre dans le voilier pour une explication claire. Haiche qui était là entend tout. Je fini par donner 30 € pour le chauffeur qui doit emmener Loren et Michel en ville pour finir l’avitaillement en vivre. Il reparte aussitôt le plein de gasoil fait et auront la surprisse de se faire lâcher par le chauffeur en plein milieu de la ville. Pendant ce temps je reste à bord avec Ali le jeune gardien et Haiche qui me seront d’un grand secours, lorsque les personnes qui avaient aidé à débarquer le gasoil venaient pour se faire payer. Le sang commençait à me monter à la tète, levé depuis minuit, il était 22h 30 et je commençais à comprendre que notre Hamed n’était pas clair du tout et que notre Monsieur Haiche l’attendait pour récupérer une part du gâteau. L’ambiance était très tendu et la chaleur le long des quais devenait insupportable plus toutes ces personnes qui tournaient autour du voilier comme des rapaces près à te dévoré une fois blessé, ne valait rien de bon. Je décide de faire une grande gamelle de nouilles et de les partager avec Ali et Haiche. Sitôt fini, Loren Michel et Hamed reviennent des courses avec un taxi ? Hamed débarque sur le voilier carrément nerveux et vient se faire payer. Je demande a Michel de lui verser son du et basta. Hamed reste à bord et veut que je lui fasse une lettre de recommandation. Là il peut courir … Jamais. Maintenant tu me lâche la grappe et bonjour à ta famille. Il fini par quitter le voilier suivi de Haiche. Compte tenu de l’ambiance je demande à Ali de rester toute la nuit avec nous. Il a l’autorisation de son chef c’est Ok Peu de temps après, alors que Ali était sur le Quai, celui ci revient vers nous à toute vitesse en nous signalent que Haiche et Hamed se battaient derrière les hangars et qu’il fallait que j’y aille. Pas question, je décide de quitter le quai et de rejoindre notre mouillage. A ce moment là, Michel se rend conte que son portable à disparu. Alors que nous étions à larguer nos amarres, un groupe d’individu arrive et nous informe savoir ou est le portable que l’on nous a volé et que si on veut le récupérer, il faut payer. Quel ne fut pas leur surprise lorsque Michel leur a signifié qu’il en avait rien a faire et qu’il était hors de question de payer pour récupérer un portable qu’on lui avait volé. On largue enfin nos amarres et gardons Ali avec nous pour surveiller le voilier au mouillage.
On se couche vers minuit avec une sacrée journée dans les pattes, mais au moins tout est près pour le départ. 6 heures du matin, Ali notre gardien me réveil, il est 6 heures Monsieur, et nous avions dit jusqu'à 6 heures. Ok tu préviens l’équipe à terre il vont venir te chercher.
A 8h 30, nous nous préparons avec Lolo pour descendre à terre rechercher de l’argent en ville pour payer le port, et faire nos formalités de départ. 9h nous accostons au poste 8, et là nous attend Saïd et Monsieur Feufeu qui nous demandent inquiet ce qui c’est passé hier soir car les autorités du port souhaitent nous interroger, le jeune Hamed est en prison suite à une bagarre et un vol de portable. Nous leurs expliquons rapidement notre soirée et partons avec Monsieur Feufeu vers les autorités. Les interrogatoires commencerons chez Monsieur Aden, se poursuivront chez le commandant du port en présence du chef de l’armée Djiboutienne, puis se terminerons chez le responsable de la police du port. Je dois dire que sans le soutien de notre protecteur Manuel Feufeu, je pense qui nous y serions encore. Nous poursuivons notre objectif puis revenons au port pour payer l’emplacement. Nous nous arrêtons à l’émigration pour récupérer un reçus et là un jeune militaire en poste nous signale qu’il faut remplir toute une série de documents pour qu’on nous donne l’autorisation de sortir du port par les voies maritimes. Nous embarquons tous et les remplirons à bord du voilier. En allant chercher notre clearance chez Monsieur Acen, celui-ci nous demande de rédiger un rapport sur la soirée de la veil. Moi qui n’aime pas écrire, je m’installe à un bureau et rédige de ma plus belle plume deux pages de rapport qui seront aussitôt photocopiée pour chacun des services portuaires.
Nous regagnons enfin le voilier pour rejoindre Michel, déjeuner, contrôler le mat et préparer le bateau pour 10 à 12 jours de mer. Avant de lever l’ancre, Michel descend à terre avec Lolo pour remettre les documents aux autorité de l’émigration et à leur retour il est 15h30 du 24 décembre 2006, nous levons l’ancre pour les Seychelles. Cette étape que j’avais prévue comme reposante n’a été que soucis et ennuis. Nous quittons Djibouti en laissant derrière nous un jeune homme en prison, un agent portuaire qui va certainement être déchu de ses fonctions, deux policiers de l’émigration corrompus, mais quatre relations que j’aurais plaisir à revoir, Monsieur Feufeu, Monsieur Aden, Saîd et Ali. Surtout n’oubliez pas si vous faite un jour escale à Djibouti, Appeler sur le 13 avant de bouger et aller voir Monsieur Aden c’est lui qui à les cartes en main.
Le Skipper
Dit l’Africain.
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